Vallée du Saint-Laurent

Vallée du Saint-LaurentAcadieOntarioFrance

La lettre suivante, datée de 1750, provient du Fonds Baby, des Archives de l’Université de Montréal. Nous remercions ce centre pour avoir mis à notre disposition ce texte.

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Orthographe originale

a montréal ce 6 Juilliette 1750.
Mon cher frere Je vien de re∫evoire
votre Lestre du 31 mez Je nan né hu ocune
de vo[] de puis Le 21 7tenbre La né derniere
il fau que Les mien Est hu le même ∫or
Je vous hé Ecri minte fois Lau tone dernier
pour vn poste qui de ves Estre vacan
Ce printen mais quine Le ∫e ra que lanée
[mot biffé] prochenne. Je lé de mendé amr
dela JonCaire Je ne pas lieux des pére
Lan porté si ini a que moy notre protexion
opres de luy ne pas res pas bien grande
il me re pondi que nous Etion bien nézé
e quil li an na ves beau Cou deplus Enbarace
Je luy re pondi a ∫e la que ∫an Entré dans
ocun dé taille pour les otre ne mo Cupen
que de mais afaire Je pou ves luy demende
a vec plus de res son que bien dotre qui
les a ves hue JusCa pre sen nan nean Jamai[]
hû de lu Cratife Eque preve que nous netion
pas osi hé ze que Lon luy a ves dis illes tes
for fasile de luy prouvée 9000 livre de deste
ou nous vous En devion 5000  » que Coi que
que nous vous Enpaille on la vente que Je sa ves
que vous avie bien beusoin du fon que si[]l
na ves Labontée de nous a Cor dé ∫e que Je
Luy de mendes ou quel Cotre Je me trouvres dan leinposi
bilite de pouvoire ja mais melibéré quil me
seres bien dur si dan la suite jeste obligé
de vendre Lemien pour a quitée les deste de
la ∫eignery Je luy par Lé En mêm ten pour
∫a ma jorrité des troi rivier vacante par
La mor de mr Coulon il me re pondi que
mr de la valtrie nestes pas Le premie
Je luy re pondi qui lestes Le Catre iemme
mais que Les trois qui Esttes de vinluy
il a ves Etée bien loeur Ensien il a ves
Etée vnten oulafaveur lan portes sur
Le ser vice Comme seste fa veur netes
que du generael de Canada que Je luy
de men des En gra∫e de vous loir acordé
sa protextion [mot biffé] qui luy
∫e res héze de luy re doné Le pas can luy
pré sentan vn pla sette des ses servi∫e ils vesres
que sest a vec droi quil de mende
Mr Le Conte de vaudreül Ecri a mr dela valtrie
quil les Eu no casion de luy Estre hutile
par la place de mr de la galisonier duquel
il les gran men a mi
faiste votre posi ble o pres de mr La Joncaire pour nous re Conmende
par lon de ce qui vous re garde vous savée que mr déserbie ne doit
reste que deu anée con pri leten quil lies
mr de rigau pace Enfrance Econte bien sur Le gouverne ment
Comme le sien Ce trou ves vacan vous feurie bien de pace
vous an na tra perie un desdeux E Je Cren bien quesi vous
ni pasce pas les apesen on tou Joures tor Je conte que sane vous
feures pas vne grande dife[]rence pour ladepence mr de Lagali [so]nier
vous Etime bien vous vous f[]rie Conestre omini[]tre
[]ses mon [] Je soite bien me ren contré a vec vous E aprendre
seste otone que vous Est pace En france,
Jay Etee tres flatée daprendre lureux acouchement de ma niese
Je la pri de me continué vne par dan son sou veunir
Je luy Ecri illi a quel queten.
Cerry a du vous En voiye 45 plus omoin de lange de mapar
vncar de feuve dix livre de sucre de rable
Je suis a la recherche de ble marte pour En voiez a ma ni[]s
Esuis mon tres cher frere avec tou Latendre∫e posible

Votre tres humble
Etres obeisente servente
Soeur La valtrie

Je cren bien pour mr Mervil que
∫a de melle ne pence plus a luy il ce sont
logé opres du chatau Le Capt des garde
nan bouge Ela promen continuellement
El abendone a Ce ses an sien a mis
Je ma quiteré a vec plesire des conpli ment don vous me charge

Orthographe moderne

À Montréal ce 6 juillet 1750
Mon cher frère je viens de recevoir
votre lettre du 31 mai. Je n’en ai eu aucune
de vous depuis le 21 septembre l’année dernière.
Il faut que les miennes ait eu le même sort.
Je vous ai écrit maintes fois l’automne dernier
pour un poste qui devait être vacant
ce printemps mais qui ne le sera que l’année
prochaine. Je l’ai demandé à M.
de la Jonquière. Je n’ai pas lieu d’espérer
l’emporter s’il n’y a que moi; notre protection
auprès de lui ne paraît pas bien grande.
Il me répondit que nous étions bien aisés
et qu’il y en avait beaucoup de plus embarrassés.
Je lui répondis à cela que sans entrer dans
aucun détail pour les autres ne m’occupant
que de mes affaires, je pouvais lui demander
avec plus de raison que bien d’autres qui
les avaient eus jusqu’à présent n’en ayant jamais
eu de lucratif et que preuve que nous n’étions
pas aussi aisés que l’on lui avait dit il était
fort facile de lui prouver 9000 livres de dettes
où nous vous en devions 5000’’ que quoi que
que nous vous en payons la vente que je savais
que vous aviez bien besoin du fonds que s’il
n’avait la bonté de nous accorder ce que je
lui demandais ou quelle qu’autre je me trouverais dans
l’impossibilité de pouvoir jamais me libérer, qu’il me
serait bien dur si dans la suite j’étais obligée
de vendre le mien pour acquitter les dettes
de la seigneurie. Je lui parlai en même temps pour
sa majorité des Trois-Rivières vacante par
la mort de M. Coulon. Il me répondit que
M. de la Valtrie n’était pas le premier.
Je lui répondis qu’il était le quatrième
mais que les trois qui étaient devant lui,
ils avaient été bien [ ] ancien. Il avait
été un temps où la faveur l’emportait sur
le service, comme cette faveur n’était
que du général de Canada, que je lui
demandais en grâce de vouloir accorder
sa protection qu’il lui
serait aisé de lui redonner le pas, qu’en lui
présentant un placette de ses services il verrait
que c’est avec droit qu’il demande.
M. le Comte de Vaudreuil écrit à M. de la Valtrie
qu’il les eut [] une occasion de lui être utile
par la place de M. de la Galissonnière duquel
il est grandement ami.
Faites votre possible auprès de M. La Jonquière pour nous recommander.
Parlons de ce qui vous regarde. Vous savez que M. de Serbie ne doit
rester que deux années compris le temps qu’il y est.
M. de Rigaud passe en France et compte bien sur le gouvernement.
Comme le sien se trouve vacant, vous feriez bien de passer
vous en attraperiez un des deux et je crains bien que si vous
n’y passez pas les absents ont toujours tort. Je compte que ça ne vous
ferait pas une grande différence pour la dépense. M. de la Galissonière
vous estime bien, vous vous feriez connaître au ministre.
[ ] c’est mon [ ]. Je souhaite bien me rencontrer avec vous et apprendre
cet automne que vous êtes passé en France.
J’ai été très flattée d’apprendre l’heureux accouchement de ma nièce.
Je la prie de me continuer une part dans son souvenir.
Je lui écris il y a quelque temps.
Cerry a dû vous envoyer 45 plus ou moins de lange de ma part
un quart de fèves dix livres de sucre d’érable.
Je suis à la recherche de blé [ ] pour envoyer à ma nièce
et suis mon très cher frère avec tout la tendresse possible

Votre très humble
et très obéissante servante
Sœur la Valtrie

Je crains bien pour M. Mervil que
sa demoiselle ne pense plus à lui. Ils se
sont logés auprès du château. Le capitaine des gardes
n’en bouge plus et la promène continuellement.
Elle abandonne assez ses anciens amis.
Je m’acquitterai avec plaisir des compliments dont vous me chargez.